Généralement je ne suis pas difficile sur la nourriture. Pour tout dire, je n’aime rien tant que goûter la cuisine locale aux quatre coins du monde. Ainsi, me trouvant à Hanoi pour mon travail, je fus ravi d’être invité à dîner par Liem, un nouvel ami vietnamien. J’étais honoré de savoir que ce serait un dîner entre hommes : nous allions manger, boire de la bière et parler politique.
Mais Liem avait omis de me signaler un détail, que je ne tardai pas à deviner lorsque nous arrivâmes en vue du restaurant, une maison sur pilotis de l‘avenue Nghi-Tam, au nord de la vieille ville. En effet, lorsque nous descendîmes de nos motos, affamés, nous fûmes accueillis par les aboiements caractéristiques de chiens qu’on égorge.
D’un seul coup, je compris qu’au Vietnam, tout l’attrait d’une soirée entre hommes résidait dans la perspective de savourer de la viande de chien (thit cho).
Ayant peut-être décelé dans mon regard une lueur de doute, Liem m’expliqua: « lorsque des dignitaires de Saigon (officiellement Hô Chi Minh-ville) viennent en visite, ils mangent toujours dans ce quartier. Mais, ne t’inquiète pas, ce sont des chiens sauvages. Les chiens de compagnie sont nos amis ».
Je ne voulais pas offenser mon hôte, ne me sentant pas le droit de porter un jugement sur cette pratique culinaire avant même d’avoir goûté.
Et puis, si c’était assez bon pour les officiels vietnamiens, c’était bien assez bon pour moi. Je me suis donc lancé. Liem me précisa que le chien est une spécialité du nord du Vietnam, autour du nouvel an lunaire ou certains jours de fêtes (c’est un peu l’équivalent vietnamien de la dinde de Noël). Selon la croyance populaire, me dit-il, la viande de chien réchauffe et porte bonheur. On la consomme lorsqu’on se retrouve entre vieux amis.
Pendant ce temps, les plats se succédaient à notre table: tranches de pâté de chien à la vapeur (luoc), morceaux de viande de chien grillée (cha nuong), viande de chien servie avec des bananes vertes et du tofu (rua man). Ça n’en finissait pas.
Malgré la bière locale, la bia hoi, tout cela devenait de plus en plus difficile à avaler. Le goût, la texture et les cris de Médor qu’on écorchait tandis qu’on mâchait son cousin, c’en était trop. J’avais besoin d’air! et vite…
David Atkinson, Financial Times (extraits), Londres




1 commentaire
Valentin
14 mars 2012 à 16 h 56 min (UTC 2) Lier vers ce commentaire
Hey perso j'ai bien aimé manger du chien ! J'ai pas trouvé ça à tomber par terre mais bon ça se mange…
On était 2 dans une troupe de riders Vietnamien allant à Moc Chau pour fêter le nouvel an et un bon ragout de chien lorsqu'on était tous frigorifiés ça fait du bien
Si tu peux teste le serpent, c'est dans une ville à ~8km à l'est de Hanoi. C'est vraiment bon le serpent, et c'est un repas-expérience. J'ai écrit et pris en vidéo mon expérience ici : http://www.supervagabond.fr/hanoi
À toute !
Val