Cusco. Sur-visitée et pendant longtemps vénérée comme un Eden mystique par les baroudeurs en quête d'eux-mêmes, la capitale spirituelle du Pérou est pour bien des gens l'incarnation même d'un Pérou authentique tout en demeurant l'un des lieux les plus impénétrables au monde.

Cusco de nuit
Dans les hauteurs du Pérou

A quelques kilomètre de Cusco : le Machu Picchu
Une fois plongé dans l'air frais des montagnes, l'altitude vous tient prisonnier par son chloroforme, relaxant et sapping en même temps. Etourdissant, le collectivo (bus) se remue sur les routes, dépasse le troupeau d'ânes aux dos habillés des selles tissées aux couleurs vives, le long d'un paysage montagneux et, comme hypnotisés, vous remarquez soudainainement que vous êtes transportés dans le monde des bandits de Tintin et le Temple du Soleil.
L'impalpable poussière d'autres ères se dépose en sédiments sur ses ruelles et se soulève, troublée comme la vase d'une lagune, losqu'on foule aux pieds ses couches profondes. – Che Guevara
Au coeur d'une civilisation Inca
La civilisation Inca s'est vu se faire ravager par les conquistadors de Pizarro mais aussi par le commerce du tourisme moderne. A l'ère de la globalisation, Cusco se trouve à elle seule une énigme posée à l'homme moderne. Les cultures de kiwicha et de quinoa pourraient bien ne plus faire partie de la monnaie courante, et les Indiens locaux sont les premiers à vouloir se débarasser des gringos brandissant leurs billets verts en échange d'une virée sur leur âne rachitique vers une "énième" visite des ruines de leurs ancêtres. L'espagnol a beau être la langue employée pour le commerce, mais entre eux les habitants parlent encore le quechua. Et qui ne comprend pas cette langue ancienne ne peut pas vraiment comprendre ce qui se passe dans la tête d'un Quechua.
On a beau pouvoir les voir et les écouter jouer Hey Jude sur leurs flûtes de pan au milieu des places de la ville, leurs visages – aux traits à la fois un peu Mongoliens, un peu "Grand chef blanc" – demeurent aussi imperturbables qu'un joueur de poker, nous laissant ainsi sur notre fin, l'esprit encore plongé dans l'idée qu'on s'était faite au départ.
Comment découvrir un Cusco authentique
Mais ça nous suffit quand même. Le simple fait de prendre du recul depuis une terrasse, prendre le temps d'admirer la place pavée et usée Plaza de Armas, une Cusqueña à la main (bière péruvienne, originaire de Cusco) ou un Inca-Cola (dans une démarche d'opposition culturelle aux Etats-Unis, le rouge est boycotté) et s'imprégner de la vue de la magnifique cathédrale avec son énorme clocher en or et ses moulures aux influences mi-indienne, mi-christianique. Celle-ci fut construite par les espagnols qui avaient alors utilisé quelques unes des pierres de la non loin forteresse Inca de Sacsayhuamán (connue par les routards comme la "femme sexy"). Les couleurs de l'arc-en-ciel du drapeau Inca claque dans le vent sur son sommet dans une atmosphère détendue, hors du temps.
Cusco n'est plus vraiment la ville géniale qu'elle a pu être auparavant. Mais son héritage porte à réfléchir. Elle est plus que jamais un lieu de passage essentiel pour le voyageur moderne, et offre une porte d'entrée à nombre de pélerins solitaires qui viennent ici pour se mettre en route sur le (très discutable) Chemin des Incas : les 40km les plus connus au monde – à l'origine il s'agissait d'une humble route empruntée par les messagers vers le sanctuaire Inca du Machu Picchu.

Machu Picchu
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7 commentaires
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Vincent
6 juin 2012 à 13 h 18 min (UTC 2) Lier vers ce commentaire
excellent article! Anecdote: ma manière insolite de rejoindre le Machu Pichu. Ne voulant pas me soumettre à l'obligation de prendre le train (controlé par une cie chiliennes) pour rejoindre ce lieu touristique mais splendide, j'ai choisi de passer par les montagnes environnantes en taxi – le tourisme doit profiter à tout le monde et surtout aux locaux à mons sens. Après avoir grimpé jusqu'à plus de 4500m nous avons rejoins un village ou nous attendait autour de 0H00, un mini-van. Après un léger somme dans le taxi (trop tard pour trouver un lit chez l'habitant dans le village en question, ce sont quelques heures de navette sur des chemins plutôt sinueux qui nous ont permis de rejoindre Santa Maria. De là, nous avons traverser une rivière avec une tirolienne, pris un camion benne qui nous a enfin déposé sur une ancienne voie de chemin de fer que nous avons longé pendant 2-3h pour enfin arriver au sanctuaire le plus connu du Pérou. Fatiguant mais une aventure exceptionnelle!
isa
6 juin 2012 à 14 h 54 min (UTC 2) Lier vers ce commentaire
Hola !
Une des amies a raconté sur mon blog le parcours classique pour atteindre le Machu Picchu…. A la fin, c'est toujours l'émerveillement ! http://ventanaabierta.hautetfort.com/archive/2009/12/15/une-fenetre-ouverte-sur-le-machu-picchu.html
Ciao, Isa
Istanbul
27 juillet 2012 à 10 h 51 min (UTC 2) Lier vers ce commentaire
Le Pérou doit être un endroit splendide à visiter! Je n'ai pas encore eu la chance d'y faire un tour, mais j'irais dans ce pays un jour ou l'autre c'est sûr. Merci pour ce superbe article, cela donne encore plus envie d'y aller.
vincent
10 septembre 2012 à 23 h 21 min (UTC 2) Lier vers ce commentaire
merci istanbul!
novomonde
6 septembre 2012 à 23 h 28 min (UTC 2) Lier vers ce commentaire
Nous qui sommes en train de préparer un tour du monde, ça donne bien envie tous ça… vivement
salutations
Novomonde
vincent
10 septembre 2012 à 18 h 37 min (UTC 2) Lier vers ce commentaire
Merci d’être passé par là et bonne route à vous, vous avez encore le temps je crois, votre départ est prévu pour juin-juillet 2013, c’est ça?
fabienne
6 octobre 2012 à 19 h 17 min (UTC 2) Lier vers ce commentaire
oui oui on a encore le temps
La date n'est toujours pas fixée, mais probablement quelque chose comme mai-juin en effet… En tout cas on continuera à vus suivre avec plaisir d'ici à notre départ (et probablement en route aussi!)